La Saga de l’été 2018 continue !

Toujours en quête de lieux plus reculés, Clem est partie cette année aux Açores, un rêve nourri depuis des années.

Les Açores ? C’est où ?

Eh bien eh bien eh bien… Un peu de géo ne nous fera pas de mal : les Açores c’est à équi-distance de Berlin et Boston… Ca doit donc être quelque part dans l’Atlantique… absolutely! Les Açores sont des îles volcaniques au milieu de l’Atlantique. 3 archipels : occidental, central et oriental, composés en tout de 9 îles qu’on rejoint en bateau ou en avion.

 

Un lieu reculé et peu touristique car il y a peu d’avions pour y aller, il n’y a pas de plages et le temps y est toujours incertain.

“C’est une destination de randonnée”, disent les amoureux de la nature.

 

Avant de vous plonger au cratère des volcans et à la corolle des fleurs tropicales, il convient de vous parler du voyage, puisqu’on dit (quelle absurdité) que le voyage est plus important que la destination.

 

 

Et tout commença assez mal. Après un weekend en famille près de Nice, la nuit tombe, Clem se rend à l’aéroport pour un vol Nice-Barcelone, où elle devra prendre un vol pour Porto qui enchaîne avec un vol pour la fameuse île de Terceira, chef-lieu des Açores centrales.

Elle y va bien sûr en vélo bleu depuis la Promenade – la mise en condition physique n’attend plus – et c’est donc dégoulinante de sueur qu’elle entre dans l’aéroport en pensant “heureusement que je pourrai prendre une douche à Barcelone avant de me coucher”. Que nenni. La charmante compagnie aérienne qui tient les vacances de Clem entre ses ailes a annulé son vol.

 

150 passagers sur le carreau dont des Chinois, des Russes, des Espagnols, des Latinos, des Français qui vont rentrer dans leur pays avec des valises énormes… et à qui on propose, pour arriver à bon port et dans les temps, un superbe bus.

 

 

C’est orchestré comme au plus profond du tiers monde, une liste en papier dans la main, une employée de la compagnie aérienne qui ne parle presque pas anglais crie les noms des passagers (étrangers, donc) dans le ciel et tout le monde doit se précipiter dans le bus pour avoir une place pour lui et sa valise…

On ne se refait pas : Clem se retrouve en coordinatrice, la liste entre les mains, traduisant dans toutes les langues, indiquant les bus, et finalement, au bout de 10 heures de bus, arrivant à Barcelone, pas douchée, épuisée, sous le cagnard matinal catalan, le chauffeur lui dira : “Vous êtes vraiment professionnels chez V…”.

 

 

Aux Açores, après près de 20 heures de voyage, tout est oublié. Le ciel est limpide, les routes sont bordées d’hortensias, les maisons blanches et propres, les rues pavées, les églises baroques…

Clem oublie qu’elle est devenue végétarienne il y a 2 ans et part dîner d’un bacalhau grillé et de batatas ao muro sur les remparts face à l’océan en regardant le jour tomber.

Le trajet du voyage n’est pas arrêté : le but est de randonner, mais aussi de découvrir la culture locale, les fêtes (il paraît qu’il y en a plein), et aller au gré des rencontres.

 

 

Beaucoup d’Açoriens n’ont jamais quitté leurs îles. Soit ils ont peur de l’avion, soit ils n’ont pas vraiment envie de voyager car leurs terres sont sublimes.

 

Les îles centrales sont remplies d’Américains. Why? Car dans les années 60, il y a eu un énorme tremblement de terre aux Açores qui a détruit beaucoup d’habitations, et un nouveau volcan est carrément sorti de la mer – le “Capelinho”, petit Capelo, nom très gentil pour un volcan qui a causé autant de traumatismes -, suite à quoi Kennedy a offert à tous les Açoriens qui le souhaitaient de venir s’installer aux US. Émigration massive. Et maintenant, retour aux sources. On entend donc aux Açores énoooormément de gens passer du bon gros américain au plus chantant Açorien, et c’est très étonnant.

Il faut une voiture pour se déplacer dans les îles, car les distances sont longues. Clem a passé des heures en voiture avec des conducteurs tous plus charmants les uns que les autres, mais vivant parfois des moments de solitude dus à des problèmes de communication, comme par exemple avec ce sourd fan du Benfica, ou avec ce fermier édenté de Cedros.

 

De quoi vit-on aux Açores ?

Longtemps, le blé et la viande ont été les industries principales du pays. Mais l’élevage intensif a rendu la production açorienne ridicule face à la concurrence. Les îles sont assez pauvres (économiquement), les industries principales sont donc : le lait, le fromage, le tourisme de plus en plus – le gouvernement encourage les locaux à faire chambre d’hôtes quand ils ont une chambre en rab, faute d’infrastructures locales suffisantes pour accueillir “tout le tourisme”.

Pour l’anecdote, à Sao Jorge, l’hôte de Clem lui a dit “la ville est pleine ! Il n’y a plus de voitures à louer, plus de logements disponibles” — et en 5 jours Clem a vu 10 touristes !

 

Que mange-t-on aux Açores ?

Comme partout au Portugal : des sandwichs au steak, des frites et de la Superbock. Après, on peut être plus exigeant et là c’est l’émerveillement : il y a plein de plats traditionnels locaux.

Tous les fruits de mer :

  • les cracas – on casse la roche pour manger les escargots cachés dedans, donc on vous sert un morceau de rocher à dépiauter.
  • les Lapas (lapinhas pour les intimes) : de grosses palourdes délicieuses
  • l’alcatra de peixe : un pot au feu de poisson à tomber par terre !

 

La massa sovada : une brioche à la fleur d’oranger délicieuse

 

Le queijo de São Jorge, fromage qu’on peut acheter directement à la coopérative à Beira.

 

Bon ! et que faire, alors ?

Dire que Clem a adoré son voyage, c’est peu dire. Rando, rencontres, paysages à couper le souffle, nature qui semble nous parler, parfois rude et désertique, parfois luxuriante et multicolore. La mer partout, les sommets partout.

 

Ce qu’elle a préféré :

 

À São Jorge : discuter à la maison avec ses hôtes (Julia et Emmanuel), les randonnées jusqu’aux fajãs (des coulées de lave sur la mer qui sont devenues des villages où tout pousse), les chemins beaux et bien balisés, les vues imprenables sur les fajãs. Se baigner dans la magnifique Fajã do Ouvidor et dans le port de Calheta après la finale du mondial.

 

À Pico : la balade en scooter sur les petites routes de Ribeira jusqu’à Calheta de Nesquim, puis la route centrale de l’île en descendant vers le sud. La balade le long de la côte nord (vignes) pour arriver au coucher du soleil au bar de Arcos, à Arcos.

 

À Faial : boire une bière avec les marins qui arrivent des 4 coins du monde à la Marina de Horta. Traverser l’île et ses 10 volcans depuis la Caldeira jusqu’au Capelinho, le dernier né. 6 heures de marche exceptionnelles.

 

À Terceira : les 2 randonnées de Roca do Chambre et de Misterios Negros, l’Algar do Carvão (cheminée d’un volcan !) et les piscines naturelles de Biscoitos. Dîner à O Pirata sur les remparts.

 

Et pour avoir toutes les infos… la Googlemap de Clem

 

Sinon les vacances d’Anna à Malte c’est par ici ✈️