Quand on vous dit Portugal vous pensez morue ? Grossière erreur. Remettons illico tout le monde dans le droit chemin : la rockstar des poissons portugais, c’est la sardine.

Elle a même son propre festival, c’est dire. Ce n’est pas un hasard. Entre les Portugais et la sardine c’est une histoire d’amour qui dure depuis belle lurette. 

Tout d’abord parce que les Portugais ont, au cours de leur histoire, souvent fait face à de longues périodes de famine : durant la guerre qui opposa le pays à l’Espagne, pendant la révolution des oeillets qui mit fin à la dictature de Salazar… ce sont les sardines, très riches en acide gras + oméga 3 et hyper-protéinées, qui ont permis aux Portugais de survivre.

 

Si les eaux qui entourent le Portugal sont très riches en poissons, c’est surtout le mois de juin qui nous intéresse. Sentant que nous frôlons le remake de « Chasse et Pêche » passons rapidement sur les détails de courants chauds et de courants froids. Sachez simplement qu’au mois de juin, notre pimpante sardine est dodue à souhait. Elle s’apprête à frayer (= pondre) et se rapproche des côtes pour accomplir sa mission. 

On raconte qu’à cette époque, il n’y a qu’à tendre la main dans le Tage pour y pêcher une sardine bonne à déguster.

 

À cette période, Lisbonne prend des airs d’immense bodega pour fêter la sardine. Tout le quartier de l’Alfama n’est que guirlandes multicolores et sardines. Elles se dégustent grillées, entières, sur une tranche de pain ou en travessa – en brochetttttte (elles sont 6). Avec un petit verre de blanc frais, c’est à vendre pãe e mãe

 

Si pour dire qu’ils se régalent les Italiens se siphonnent la joue et que les Français se tapotent le ventre, vous apprendrez que les Portugais, eux, se pincent l’oreille. C’est que la sardine est à point.

 

Article de José Pedro Guimarães, envoyé spécial sous les mers pour Pop In the City.