Faut-il ou non célébrer la journée de la femme ?

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Aujourd’hui, c’est la journée internationale des droits de la femme. On est pour ou contre ?

Lutter pour l’égalité femmes/hommes mais célébrer la femme seulement 1 jour par an, c’est contradictoire.

 

Classique. Perdez-vous aujourd’hui 2 minutes sur Facebook et comptez le nombre de commentaires de ce type.

 

Oui, lutter pour les droits de la femme, ça devrait être tous les jours de l’année. Malheureusement, c’est loin d’être le cas. Alors quoi ? On baisse les bras et on fait mine de ne rien pouvoir faire sous prétexte que l’on ne changera pas la société en une journée ?

 

Rares sont les moments où l’on a toute l’attention du public, alors ne laissons pas cette occasion passer et profitons de cette opportunité pour faire entendre nos idées et informer.

 

Mais informer sur quoi exactement ?

 

Je suis stupéfaite de voir le nombre de personnes (même dans mon entourage) qui ne se rendent pas compte du chemin qu’il reste à parcourir. Il m’est même arrivée d’entendre ou de lire “faut arrêter de se plaindre, on est au 21e siècle”.

 

Alors oui, en France on est plutôt “bien loties” : la condition des femmes a beaucoup évolué depuis le siècle dernier (on a envie de dire : heureusement !) Mais il reste encore tellement à faire en termes d’égalité des sexes. Dans la sphère professionnelle, pour commencer, la vie de famille affecte bien plus souvent la carrière des femmes que des hommes. Savez-vous également qu’en France, pour un poste équivalent, le salaire des femmes est inférieur d’environ 10%* à celui des hommes ? Et on en parle de l’espace public ? Les violences de rue, qu’elles soient physiques ou verbales, et le sentiment d’insécurité sont des réalités que l’on subit presque quotidiennement.

 

Par ailleurs, la journée internationale des droits de la femme est une occasion de sensibiliser à la condition des femmes partout dans le monde. Quand on voit que le président américain est le premier à s’attaquer aux droits des femmes en condamnant verbalement le recours à l’IVG, en interdisant les financements d’ONG internationales qui soutiennent l’avortement et en supprimant les subventions aux cliniques qui la pratiquent, on peut imaginer les inégalités femmes/hommes dans le reste du monde.

 

                                           Chicago, le 15 janvier 2017

                                         REUTERS/Kamil Krzaczynski

 

Offrir une boite de chocolats ne changera rien à la condition des femmes

 

Il y a 2 ans, j’étais en échange universitaire en Chine. A l’occasion de la journée de la femme, les garçons chinois de ma classe avaient apporté un énorme gâteau à toutes les filles. Vous voyez où je veux en venir ? C’est parti d’une bonne intention, mais ils étaient à des années lumières de comprendre la vraie symbolique de cette journée.

 

Le 8 mars, on s’en fout de recevoir des fleurs, des cadeaux ou des compliments ; c’est bien plus que ça ! Aujourd’hui plus que tous les autres jours de l’année, il faut élever notre voix encore plus fort pour se battre pour l’application effective des droits et des libertés fondamentales des filles et des femmes du monde entier !

 

Mobilisons-nous. Et n’ayez jamais peur de dire « je suis féministe », car le mot « féminisme » n’est pas un gros mot.

 

By Nadège Moïse

 

*Source : Insee inégalités femmes/hommes en France