« Aaaaaah… Être une feeeeemme !! » En 81, Sardou et à peu près 95% de la France chantait cette rengaine à tue-tête. Cool. Sauf que Michel, au cas où tu l’aurais pas remarqué, être une femme c’est légèrement plus complexe qu’incarner « l’amalgame de l’autorité et du charme. »

 

Malgré cette intro un peu incisive, je n’ai jamais été une grande féministe. Pas de celles qui militent en tout cas. Mais cette année, entre les #metoo, les #timesup, la disparition de Simone Veil, j’avoue que je m’interroge régulièrement : c’est quoi être une femme ?

 

Depuis deux ans, je suis chargée de communication chez Pop In the City. Pour avoir bel échantillon de femmes, y’a pas mieux. Des blondes, des brunes, des petites, des grandes gigues, des extraverties, des timides… Je crois que j’ai croisé le chemin de 5000 femmes, au bas mot.
Elles m’ont beaucoup appris. Sur moi-même et sur les femmes en général.
J’en ai pas tiré de grandes conclusions insipides dignes de « une femme c’est un homme avec des seins et un vagin ». Non, ça j’y pense à chaque fois qu’on se farcit le chargement du van, soit l’équivalent de 2 tonnes et demi en moins de 5 minutes et sans 1g de testostérone.

 

C’est bête à dire, mais ce qui m’a frappé chez ces femmes c’est leur liberté.
La liberté de s’assumer pleinement, avec leurs défauts et leurs qualités. Pas une seule fois je n’ai vu l’une d’elle hésiter à se déshabiller – sur une piste de ski à Risoul, devant un photographe à Toulouse ou face à une barre de pole dance à Hambourg. Ça a été ma première claque. Faut dire que je me liquéfie à la seule idée de dévoiler un bout de peau en public parce que pas assez lisse, pas assez bronzée, pas assez fine… Pour elles ça semblait si facile. Leurs corps en étendard. Ça m’a plu.

 

La liberté d’oser. Pas seulement parce qu’elles font un raid et apprennent à cracher du feu avant de faire une descente en rappel. Mais en parlant avec elles, ces femmes semblaient évoluer au gré de leurs envies, en s’affranchissant des conventions sociales et du qu’en dira-t-on. Comme un moyen infaillible de se rapprocher de leur moi profond. Fatalement, elles irradient de bonheur; ça, c’était la deuxième leçon de vie.

 

Mais la liberté surtout de ne pas se justifier et de défendre leurs droits. Ça les rend tellement belles. Pas belles physiquement mais belles en soi. Toutes autant qu’elles sont.
Et c’est sans doute ça être une femme en 2018, non ??

 

Texte de Pauline Py

© Photo : Sara Meadows “Girls unite”