Êtes-vous féministes ? 3 raisons de répondre oui

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On vous a sûrement déjà posé cette question. Que vous soyez une femme ou un homme, ne bégayez plus : “féminisme” n’est pas un gros mot.

#1 “Féminisme” n’est pas un gros mot

 

Quand on a des candidats pour des stages (des jeunes donc), on leur demande systématiquement pendant l’entretien s’ils sont féministes. Pas pour poser une question piège mais surtout pour comprendre comment ils interprètent cette question.

 

Les garçons répondent toujours “oui”. On sait pas si c’est une réponse de perroquet mais au moins ils ont compris que le féminisme voulait simplement dire “soutenir les femmes dans l’obtention de l’égalité”.

 

Mais quand on pose la question à des candidates filles (la majorité chez nous), beaucoup nous répondent “non, je ne suis pas féministe” un peu gênées. Quand on leur demande pourquoi, elles nous peignent les féministes comme des personnes forcément hystériques, violentes, aux messages agressifs… Pas une seconde elles n’envisagent travailler pour Pop In Events comme un acte féministe.

Elles disent “je ne suis pas féministe mais…” bien sûr elles veulent que les femmes aient les mêmes droits que les hommes (soit la base du féminisme), mais à leurs yeux, le mot féminisme est un gros mot. Elles ne se rendent pas compte que le féminisme est l’affaire de toutes et tous, et que chacune doit l’affirmer à son niveau.

Dans chaque lutte (l’égalité raciale, l’égalité des sexes), il a fallu des lutteurs, des activistes. C’est leur rébellion qui amène l’attention sur les problèmes, les inégalités. Il faut distinguer l’activiste de celui qui soutient une cause sans se mobiliser.

 

Faut-il ou non célébrer la journée de la femme ?

 

#2 L’importance de la communauté

 

Et en effet, les femmes ont besoin de prendre conscience de la nécessité de s’unir en tant que communauté, et d’intégrer l’acte de mobilisation comme indispensable pour être visible et entendues. Dans toutes les luttes pour les droits (les Noirs aux Etats-Unis, les homosexuels en France), ces revendications passent par des manifestations de mécontentement fortes.

Mobilisation ne signifie pas nécessairement scènes de violence ou corps mis à nu, mais aurait-on entendu autant le discours des Femen si leurs actions avaient été plus soft visuellement ?

 

En Islande, tout le monde se dit féministe et c’est le pays le plus avancé pour les droits des femmes (forum économique mondial sur la parité). Or, si l’on regarde ce qui s’est passé en Islande : en 1975, les femmes ont arrêté leur travail (en entreprise ou à la maison) à l’heure à partir de laquelle elles travaillaient techniquement gratuitement. Elles sont descendues dans la rue et ont manifesté, laissant les hommes reprendre les rennes de leur activité, sans préavis. La quasi totalité de la population féminine islandaise a pris part à cette marche. Vous vous rendez compte de ce que ça veut dire ? Aucune femme n’a tourné le dos à ces revendications, toutes se sont unies pour manifester leur mécontentement et leur souhait de voir changer les choses. Aucune fille n’a dit “je ne suis pas concernée par cette lutte”.

Ce qu’on veut dire c’est que l’union en une communauté pour obtenir des droits est fondamentale. Quelque soit la manière dont on manifeste ou on s’exprime.

 

                                 « Lutte pour l’égalité = lutte des classes »

                   Des membres du groupe radical féministe Redstockings,

                     24 octobre 1975 / Women’s History Archives (Islande)

 

On peut se demander quelle est la place des garçons dans cette lutte. Elle est bien sûr indispensable car si les hommes ne sont pas eux aussi convaincus que l’égalité doit être obtenue, on n’y arrivera pas. Mais c’est aux femmes de se bouger, car ce sont leurs droits et pas ceux des hommes qui sont bafoués. Les hommes peuvent être des aides mais pas les moteurs de cette lutte.

 

Ecoutez le podcast A voix nue de Christine Delphy et allez voir le film A land shaped by women d’Anne-Flore Marxer !

 

#3 Se mobiliser pour les femmes du monde : mettre la lumière sur les pays où le droit des femmes n’est pas respecté

 

Cette année pour le Nouvel An, je suis allée en Egypte. “Le berceau de la civilisation”, la magie des tombeaux, les hiéroglyphes, le Nil, les felouques… Le rêve qui devient réalité. En fait l’Egypte, c’est 91% de femmes excisées (ça veut dire qu’on vous retire le clitoris, en général). Ainsi, si vous êtes avec 10 femmes égyptienne dans une pièce à Louxor, il y a la possibilité que 9 d’entre elles aient été mutilées avant leurs 16 ans pour qu’elles ne ressentent jamais de plaisir sexuel.

C’est sans parler des mains aux fesses aux gamines de 12 ans, des attouchements dans les bus, des demandes en mariage sérieuses sur le bac qui traverse le Nil parce que vous avez discuté avec un homme qui a l’âge d’être votre père et du harcèlement de rue incessant.

Rien que ça, ce sont des raisons de se battre pour les femmes du monde.

 

Clémentine.

 

*Sources et articles :

Les femmes islandaises : l’égalité en 1975

La parité, un enjeu de tous les jours dans les entreprises islandaises

Podcast : A Voix Nue / Christine Delphy (extraordinaire) 5 épisodes